CAMIILLE CLAUDEL, MAURICE RAVEL... ET TOUS LES AUTRES

Bonjour à toi qui passe par là

Sur ce blog j'ai mis mes coups de coeur...
avec le secret espoir de faire découvrir et apprécier

PAGE 1
L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel et Colette

PAGE 2
L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel et Colette
Le Schpountz écrit et réalisé par Marcel Pagnol

PAGE 3
Un peu de Gymnastique Artistiqueque avec un mouvement de sol de Maria Filatova
Un peu de Peinture avec Jérome Bosch
De la Musique à voir et pas seulement à entendre de Maurie Ravel
Camille Claudel : sa vie son oeuvre

PAGE 4
De la Littérature Française avec François Cavanna
Du Rap acoustique avec Iltika

PAGE 5
Encore un peu d'Iltika
Arno, ma grande passion
Marius, film écrit par Marcel Pagnol avec le fabuleux Raimu

PAGE 6
La fin de Marius
Léo : La Mémoire et la Mer - Epitatphe et quelques incontournables
Arletty

# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:20

Modifié le mercredi 16 avril 2008 08:27

L'ENFANT ET LES SORTILEGES de MAURICE RAVEL – INTRO

Car on peut également lire cet ouvrage comme l'acte militant d'un rescapé du traumatisme de la Grande Guerre, une allégorie montrant que le repli sur soi ne peut mener qu'à la révolution et à la guerre (David Sanson)



On me l'a offert pour mes 8 ans.
Coup de coeur immédiat.
Je me suis endormie sur ces mélodies Ravéliennes des centaines et des centaines de nuits.

C'est à la fois un opéra et un ballet dont Balanchine en assura la chorégraphie lors de la première à Monaco en 1925.

Mais c'est en 1916 que l'idée vint à Jacques Rouché, directeur de l'Opéra de Paris, en quête de nouveautés d'aller quérir les talents de la grande Colette afin que celle ci mette à la disposition d'un Ravel, qui reste à convaincre d'écrire une oeuvre pour les enfants.
Maman depuis 1913, il ne faut que quelques jours à Colette pour écrire "Ballet pour ma fille" que Ravel n'aura en mains qu'après guerre.

Ravel est un autre homme après cette guerre à laquelle il a pris part en s'engageant malgré son exemption pour raisons médicales. De plus, il est maintenant orphelin de mère, cette femme qu'il a le plus exclusivement aimée (point commun avec Colette)

Le livret de Colette va lui permettre de s'exprimer le plus librement du monde...
Les mélodies passent du jazz à la valse, puis de la valse à de doux airs d'une indiscutable pureté
On passe du rire aux larmes, des larmes à la colère, de la colère à la compassion
Savant mélange des genres pour une oeuvre tout à fait brillante et intemporelle


CORRESPONDANCE ORIGINALE

A Colette de Jouvenel
Megève, 27/2/19
Chère Madame,

Dans le même temps que vous manifestiez devant Rouché le regret de mon silence, je songeais, du fond de mes neiges, à vous demander si vous vouliez encore d'un collaborateur aussi défaillant.
L'état de ma santé est ma seule excuse : pendant longtemps, j'ai bien craint de ne pouvoir plus rien faire. Il faut croire que je vais mieux : l'envie de travailler semble revenir. Ici, ce n'est pas possi-ble ; mais, dès mon retour, au commencement d'Avril, je compte m'y mettre, et commencer par notre opéra.
A la vérité, j'y travaille déjà : je prends des notes, sans en écrire une seule, je songe même à des modifications... N'ayez pas peur : ce n'est pas à des coupures ; au contraire. Par exemple : le récit de l'écureuil ne pourrait-il se développer ? Imaginez tout ce que peut dire de la forêt un écu-reuil, et ce que ça peut donner en musique !
Autre chose : que penseriez-vous de la tasse et de la théière, en vieux We(d)gwood noir, chantant un ragtime ? J'avoue que l'idée me trans-porte de faire chanter un ragtime par deux nègres à l'Académie Nationale de Musique. Notez que la forme, un seul couplet, avec refrain, s'adapte parfaitement au mouvement de cette scène : plain-tes, récriminations, fureur, poursuite. Peut-être m'objecterez-vous que vous ne pratiquez pas l'argot nègre-américain. Moi qui ne connais pas un mot d'anglais, je ferais comme vous : je me débrouil-lerais.
Je vous serais reconnaissant de me donner votre opinion sur ces deux points, et de croire, chère Madame, à la vive sympathie artistique de votre dévoué


Maurice Ravel
Colette de Jouvenel à Maurice Ravel
69, boulevard Suchet, 5/3/19
Paris XVIe
Cher Monsieur,

Mais certainement, un ragtime ! Mais bien sûr, des nègres en wedgwood ! Qu'une terrifiante rafale de music-hall évente la poussière de l'Opéra ! Allez-y ! Je suis contente de savoir que vous pensez tou-jours au "Divertissement pour ma fille", je déses-pérais de vous, et on m'avait dit que vous étiez malade. Savez-vous que des orchestres de cinémas jouent vos charmants contes de Ma Mère l'Oye pendant qu'on déroule du Far West ? Si j'étais compositeur et Ravel, il me semble que j'aurais beau-coup de plaisir à apprendre cela.
Et l'écureuil dira tout ce que vous voudrez. Est-ce que le duo "chat", exclusivement miaulé, vous plaît ? Nous aurons des acrobates. N'est-ce pas que le machin de l'Arithmétique est une polka?
Je vous souhaite une bonne santé, et je vous serre la main, avec impatience.


Colette de Jouvenel

# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:38

Modifié le mardi 01 avril 2008 09:14

L'ENFANT ET LES SORTILEGES : Le Fauteuil La Bergère, L'Horloge Comtoise, Les Tasses

Un jeune enfant de 6 ou 7 ans devrait sagement faire ses leçons.
Mais, losque Maman lui demande s'il "a fini sa page", l'enfant lui tire la langue et se met à casser toute sorte d'objets et agresser des animaux avant de s'endormir d'épuisement.
C'est alors que la Sorcèlerie opère...

LE FAUTEUIL ET LA BERGERE

entament un duo sur un Menuet Baroque aux accents Raveliens, au cours duquel ils se plaignent tous les deux des mauvais traitement de l'enfant. Le ton est courtois, style XVIIIème. (04.13 à 06.11)

L'HORLOGE COMTOISE

crie sa plainte : l'enfant lui a retiré son balancier et ne peut plus rythmer les douces heures de la vie du foyer.(06.12 à 07.30)
Un air rythmé à la Stravinsky dans le Sacre du Printemps.
J'adore cet air et la folie qui se dégage si naturellement de cette mésaventure
Du grand grand Ravel

LA THEIERE ET LA TASSE

sur un savant mélange entre un fox trot et une mélodie chinoise, ils se plaignent eux aussi de ce méchant enfant la première dans une comique franglais, la seconde lui répondant dans une espèce de pastiche asiatique à effet comique (07.31 à 09.36)

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# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:40

Modifié le mardi 01 avril 2008 09:07

L'ENFANT ET LES SORTILEGES : Le Feu, Les Pâtres, Le Princesse

LE FEU

L'enfant frissonnant de peur et de solitude se rapproche du feu mais celui-ci bondit hors de la cheminée pour fustiger l'enfant et lui rappeler qu'il "réchauffe les bons mais brûle les méchants (00.45 à 03.06)
Moment de pur ravissement.
Mélodie classique
Les mêmes performences vocales qu'une Reine de la Nuit chez Mozart

LES PATRES LES PASTOURES

Ils sortent des lambeaux d'une tenture, le pâtre, la pastoure, des moutons, un chien...
Une douce et simple mélodie Rennaissance à base de tambourins et de pipeaux.
Une triste et lente mélodie pour exprimer la tristesse qu'ils ressentiront tous à ne plus pouvoir se rejoindre(03.06 à 06.16)

LA PRINCESSE

Alors que l'enfant s'est laissé glisser sur le sol sur les pages du dernier conte de Fée que Maman lui a lu,
la Princesse s'éveille à la vie, lui parle de leur éphémère histoire d'amour qui ne saura avoir de suite car il a déchiré le livre. La Princesse l'appelle à l'aide mais l'enfant ne peut rien... La Princesse disparait sous terre (06.24 à 09.36)
Tout n'est que douceur, volupté et tristesse
D'une beauté pure
Mélodie très lente et dans un style classique

# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:42

Modifié le mardi 01 avril 2008 09:05

L'ENFANT ET LES SORTILEGES : L'Arithmétique, Les Chats

L'ENFANT SEUL

Il essaie de chercher mais en vain, la fin du Conte de Fée... "Rien, tous ceux-ci sont des livres arides, d'amères et sèches leçons" .
La mélancolie de l'air nous fait penser que peut-être commence-t-il à regretter sa colère(01.36 à 03.19)

L'ARTIHMETIQUE

En mettant un coup de pied dans les feuilles épars, s'échappent plein de petites figures malines et grimaçantes représentant des chiffres.
Celle-ci sont suivies par un vieux gugusse barbu qui vient danser comme le feraient des indiens autour de leurs totems autour de l'enfant en lui chantant une contine délirante à base de fausses informations arithmétiques : quat' et quat', dix huit. Onze et six, vingt cinq, trois fois neuf, trente trois"
Un air très relevé rythmiquement
Un de mes airs préférés tant je trouve réussie la réunion des mots des rythmes et des mélodies. Cela m'évoque les plus grandes heures de Stravinsky (03.20 à 05.03)

LES CHATS

Non sans reppeler le célèbre air des chats de Rossini, les chats de Ravel et Colette s'exprime dans une multitude de sons et miaulements divers.
Par contre au contraire des autres personnages, les Chats ne parlent pas. Colette et Ravel adoraient ces félins.
J'avoue la zapper régulièrement par contre.

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# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:44

Modifié le mardi 01 avril 2008 09:04